mardi, décembre 26, 2006

Stevens Pass

Avec un équilibre précaire, un dos fragile et un intérêt tout relatif pour le fun, peut-on imaginer un sport qui me convienne moins que le snowboard ? Pourtant, je n’ai pas longtemps hésité à accompagner Koen et Toon au Stevens Pass. Les occasions de tomber dans la neige à moins de deux heures du boulot sont trop rares pour se voir refuser froidement. Une petite ville dans ce coin-là, c’est un centre commercial déprimant avec des villas en bois autour. Rien de ce qui peut ressembler de près ou de loin à du charme. Mais les paysages sauvages compensent largement. La faible densité de population aide ces endroits à rester plus ou moins inviolés. Puis on arrive au Stevens pass. On est à un peu plus de 4000 pieds, environ 1300m d’altitude, un chouïa plus haut que le signal de Botrange donc et la neige, absente à plus faible altitude, est bien là. C’est pas tout ça, je fais pas vraiment le malin, moi qui n’ai pratiqué la glisse que lors d’un hiver verglacé d’il y a cinq ans. Et de fait, le début est difficile, mais après une descente fort chaotique, le plaisir vient. C’est que la physique dans ce cas impose de mettre de côté un trop fort instinct de survie. Il faut se rendre à l’évidence, je ne serai jamais un bon descendeur qu’avec la bière. Mais je passe malgré tout un bon moment. Puis le soir tombe. On retourne alors ? Vous voulez rire ? Vous n’allez quand même pas imaginer qu’un pays qui laisse le moindre supermarché ouvert 24h/24 va se laisser impressionner par le noir... On allume des spots, voilà tout. La majeure partie du domaine reste donc praticable jusque 22h30... Mais après cinq heures sans la moindre pause, on décide de retourner. Une affluence raisonnable, un grand domaine, un beau décor, cette station a beaucoup pour elle.

(j'ai piqué cette photo sur Internet. J'ai en effet eu peur que mon appareil ne supporte ni le froid ni l'humidité ni les chocs)

Retour chez moi vers 21h00. J’ai froid, je suis encore un peu humide, très fatigué. Aucune envie de sortir. Mais l’expérience m’enseigne que dans ces cas-là, il suffit de sortir pour que ça aille mieux. Sortir pour quoi ? Pour voir un concert pardi. L’endroit, selon la tradition, devait être inédit. Il s’agit du Blue Moon Tavern, qui est connu pour avoir abrité les buveries de personnes comme Kerouac ou Ginsberg. Pas mal. Le groupe qui joue quand j’arrive aurait été acceptable si le chanteur avait décidé de réserver son orifice buccal à l’ingestion d’Ale du cru. Mais le son de l’endroit et le beuglement ne sont pas décidés à s’accorder. On n’est pas là pour ça. Arrivent simultanément Koen, Toon et sa femme et le groupe sur scène. Ce dernier est You.Might.Die.In.The.Desert.

Un trio qui propose un post-rock assez inégal. Un batteur fort énergétique, de la trempe de celui de 65 Days Of Static pour ceux qui voient (pour les autres, ça ne sera pas long) mais avec la dégaine de Fred dans Six Feet Under, un bassiste très technique mais avec des idées pas toujours formidables et un guitariste qui visiblement sait où se trouve la réverb’ dans son rack d’effets. Et ça donne quoi ? Une musique souvent inspirée, un peu inégale, pleine d’énergie mais un brin difficile. Pas exctement le groupe de bar typique. A suivre pourtant. Ce qui suit sera plus rigolo, pas exactement virtuose, mais ces très jeunes musiciens ont de la fougue à revendre et à tout prendre ils ne sont pas plus mauvais sur scène que disons... Diry Pretty Things dans le même genre. Mais il est temps d’aller dormir. Mon organisme me le réclame.

Que faire le samedi après-midi ? Le problème se pose ici aussi. Je dois juste aller chez le coiffeur, ce qui me donne un prétexte pour aller dans Ballard (le quartier où j’habite, rappelons-le). Puis pour flâner et trouver ce que j’adore et trouve en quantité étonnantes ici : des magasins de disques et de vélos. Le premier propose un choix insensés de vinyles et quelques cd’s d’occasion au prix du neuf. Rien de bien fameux donc. Le marchand de sport juste à côté a par contre un rayon vélos assez surprenant. C’est là que j’ai pris ces photos. Rien de sensationnel dans l’absolu mais pour moi, ces vieux maillots sont vraiment imprégnés d’histoire. Il faudra que je reparle des vélos d’ailleurs ici, c’est un phénomène assez singulier. A ceux qui se demanderaient pourquoi autant de photos de vieux maillots, je répondrai que c'est mon blog-heu, lalalère-heu, je fais ce que je veux.

Koen et moi ne connaissons finalement pas grand’ monde ici. C’est un peu dommage mais c’est le sort commun des expatriés. Les bars du soir sont Linda’s et le Lava Lounge. Le premier, sur les hauteurs de Capitol Hill, est le dernier endroit où on a pu apercevoir Kurt Cobain. C’est un café fort sympa, avec une clientèle plutôt jeune (mais de plus de 21 ans...). Le second est plus croquignole. Situé downtown, il permet de voir des punkettes s’enfiler des shots de tequilla. Mais aussi d’initier Koen au joies d’un jeu déconcertant, genre de curling de table (sans les brosses) et de prendre une Chimay Rouge au bar. Ce qui permet de dire que oui, la Stella c’est bien, mais affirmer que c’est la meilleure bière du monde, c’est pas faire montre d’une large connaissance brassicole face à un Belge. Marrant de constater que ceux qui connaissent notre pays l’associent d’office à ce breuvage. Il faut dire qu’on rencontre les gens avec un verre en main aussi.
(cette photo est celle de la vitrine de l'équivalent du "stock américain" de chez nous. Ca rigole nettement moins vous l'avouerez...

Voilà encore un week-end relaté. Ils se ressemblent sans doute tous un peu. Mais bon, la grande nouvelle c’est que je suis en vacances. Une semaine entre les fêtes, comme chaque année depuis que je travaille en fait. Au programme, Du repos, beaucoup, je suis sur les genoux. Et puis ça va me donner l’occasion d’écrire plus encore. Pour ce blog et pour le vrai site (pour rappel, le phormidable www.mescritiques.be). Joyeux Noël dites.

2 commentaires:

Francis Jacques a dit…

Salut Marc,
C'est Daniet Lanis et son copain Francis qui te souhaite de bonnes fêtes de fin d'années.
Je visite souvent ton site.
C'est super. C'est du voyage en restant sur place au chaud dans la vallée de la Meuse avec une bonne Rochefort.
Je visite ainsi l'Amérique par ton intermédiaire et avec le sourire grâce à ton humour qui me rappelle celui de quelqu'un que je connais bien et depuis longtemps.
Tu vois qui je veux dire.
En tout cas bonnes fêtes
Et à bientôt à l'occasion du "lapin familial" peut-être.
Daniel Lanis - Francis Jacques

Marc a dit…

Merci dites, ça fait du bien d'avoir des encouragements. Comme je suis en congé pour le moment, je vais en profiter pour écrire sur les sujets que j'ai en réserve.

Bonnes fêtes à vous
Bonne Rochefort aussi (petits veinards, je suis au thé au jasmin dans un coffee shop, là...)
A bientôt