lundi, avril 30, 2007

Et si tu as cinq minutes, je te raconte ma vie (air connu)

Comme vous avez été bien sages, pas de concert ce week-end et des photos. Comme ça vous ne pourrez pas dire que c’est monotone. Bien qu’objectivement ça le soit. Si vous le permettez, je vais volontairement skipper le vendredi, trop peu fourni en évènements présentant un intérêt purement bloggesque.

Samedi, comme la semaine passée, breakfast à Fremont. Si je le mets en anglais, ce n’est pas juste pour souligner ma remarquable maîtrise de la langue de Morrissey, mais parce qu’il s’agit de la tradition anglo-saxone du copieux petit déjeuner/dîner (dans l’acception belge ça va de soi). Et l’endroit est assez croquignole, il faut le reconnaitre. Le ton est oriental, décoré dans les tons bleu ciel et avec des touches de doré pour faire joli. Les serveuses, des américaines bon teint visiblement, revêtent un sari par-dessus leur tenue plus classique par ces longitudes. C’est végétarien évidemment, le café est parfait et la nourriture excellente dans le genre. Voilà, si vous vous rendez dans le nortwest un jour, je vous donnerai l’adresse.

Comme le temps devient beau, la visite d’un des derniers parcs ayant échappé à ma sagacité est un choix logique. La partie choisie est assez intéressante d’un point de vue écologique (faune et flore) et le cadre au bord du lac Washington est pas mal non plus. Mais il y a un petit détail perturbant : la présence de grand-routes un peu partout, contrastant avec l’aspect bucolique de l’endroit. Il y a bien plus que cette portion, c’est seulement après qu’on s’en est rendu compte.


La dernière fois que je suis entré dans un stade, c’était le parc Astrid pour un Anderlecht/Saint-Trond. Je dirais la saison 1988-1989. Tout ça pour dire que je ne suis pas un acharné du sport live. A la télé, plus déjà (à l’heure ou je vois écris, dimanche soir, je ne sais pas qui a gagné Liège-Bastogne-Liège et c’est frustrant). Mais avant d’aller au Safeco, il y a l’arrêt sociologique dans un Sport Bar. Pas un bar avec des engins de gymnastique, hein, juste plein d’écrans de télé, des gens comme je n’en avais pas encore vu à Seattle et bien plus proches du stéréotype qu’on s’en fait. C’est vrai que je dois aller voir un coiffeur de ces jours-ci mais j’avais sans conteste les cheveux les plus longs de l’endroit. L’ambiance est de toute façon bon enfant, je n’en suis pas sorti avec le goudron et les plumes. Et puis on arrive au stade. Seattle se fait déjà mener 6-0 par Kansas City. On les verra donc perdre, pas de bol. Ah oui, c’est du base-ball, je vous l’avais pas encore dit. Je savais donc un peu de quoi il retournait. Maintenant, je peux suivre un match. Et je suis pas certain que je vais le refaire souvent. C’est que c’est très long (plus de trois heures dans ce cas) et pas mouvementé des masses. Mais c’était aussi une rencontre pas spécialement palpitante. Le but évidemment c’était une découverte d’un pan de la culture américaine. Et là, c’est pleinement réussi. Le nombre d’enfants ne laisse pas de doute : le base-ball, c’est familial, à des années-lumière de l’idée même du hooliganisme. Et c’est donc assez rassurant, calme et bon esprit. LE stade est évidemment moderne et superbe. Et juste à côté de celui de football (celui des musclors en collant qui se la pètent en armure) parce qu’on va pas juste mettre un stade, comme ça tout seul. Allez, un dernier verre à Capitol Hill (il a souvent été question de ce quartier, il sera encore à la une fort prochainement - teaser de la mort qui tue sans faire de doute).

Comme le temps est encore meilleur le dimanche, c’est Discovery Park qui sera le but de la promenade dominicale après un breakfast bien mais moins top que la veille. Comme vous êtes des fidèles qui êtes abonnés au fan-club-de-Marc-à-Seattle, vous vous souvenez qu’il a déjà eu droit à deux posts. Mais je voulais voir ça sous le soleil. Croyez-le ou pas, c’est largement aussi bien.

Dans les prochains jours, il y a au moins trois concerts. Et du lourd je vous prie de le croire. Donc retour à la routine balade du week-end/concert-que-personne-il-a-entendu-parler-du-groupe-à-part-lui. C’est bien quand tout est ordonné. Ceci est une blague... Bon congé du premier mai et bon pont pour ceux qui le font. Je vais quand même pas avoir congé en Amérique pour une fête socialiste quand même.


vendredi, avril 27, 2007

Tout le monde veut être le dj (air connu)

Rendez-vous compte, un mois sans concert. Une véritable traversée du désert, un carême insoutenable. Qui est heureusement arrivé à son terme. Avec des compatriotes qui plus est. Moi qui ne pratique pas vraiment le patriotisme musical, j’étais quand même content de voir Soulwax ce mercredi. J’ai fait un petit paragraphe sur eux que j’ai mis après le texte. Comme ça les non-geeks peuvent passer un moment pas trop pénible. On peut dire que je vous traite bien. C’est sans doute pour ça que j’ai aussi peu de plaintes.

Tout avait pourtant plutôt mal commencé. Un contretemps aéronautique à Chicago pour les héros de la soirée chamboulait le planning. C’est-à-dire que tout prenait du retard. Heureusement, la salle du soir, le Chop Suey, est situé sur Capitol Hill, donc près du marchand de disques aux 250000 références et ouvert jusque minuit. Parcourir les dernières nouveautés sur les bornes est un des petits plaisirs de la vie. J’ai pu me mettre à jour comme ça. Si vous avez pris cette phrase au premier degré, c’est que vous ne lisez pas souvent ma logorrhée sur mescritiques.be, auquel cas vous auriez constaté ma frénésie actuelle. Mais je vous en veux pas, ceci est un blog plus tous-publics, avec des images pour ceux qui aiment ça.

En trainant le plus possible, j’arrive encore copieusement en avance pour voir le set de Muscles (ci-dessus). Objectivement, c’est assez mauvais. L’Australien beugle dans un micro sur un fond de techno-dance assez cheap. Mais comme ça ne dure pas longtemps et que ça aide à patienter, on sourit et on prend des photos.


Entre les concerts, typiquement, la musique qui passe est juste là pour meubler. A cet endroit, c’est le dernier Broken Social Scene qui passe souvent. Mais ce soir, ce sont des Dj’s de qualité (j’avais même parcouru leur cd un peu avant). Les frères Dewael ne vont pas se faire accompagner de clinches. Et en effet, ils assurent vraiment.

Soulwax, quatuor tout de blanc vêtu, commence à minuit pile. Ce qui est tard. L’assistance est fournie sans plus. Pas de soldout en vue. Ca fait maintenant deux ans qu’ils tournent avec ces versions dance plus ou moins analogiques de leurs chansons. Avec trois claviers-synthés-séquenceurs et un vrai batteur, leur set est impeccablement rôdé. Sans aucun temps mort. Une bonne partie du public bouge. C’est sans doute banal à lire, mais je vous rappelle qu’on est à Seattle, capitale mondiale des buveurs de cafés en noir avec un bonnet. Dépourvus de leur portable Mac, ils peuvent aussi se trémousser de temps en temps. Bonne ambiance due à cette musique qui reste très énergique même entre les moments paroxystiques. C’est électronique, presque sans vocaux, mais l’impression de direct est mise en valeur par des musiciens qui se donnent sans retenue. Leur production sudoripare ne laisse pas de doute là-dessus.

Après une heure, place aux Dj’s. C’est-à-dire les deux frontmen qui passent des disques. Et malgré le départ du gros des troupes (il est quand même une heure du matin un mercredi), le set est impeccable, avec un base électro à la fois exigeante et accessible. Qui se consomme avec les pieds mais laisse la tête sourire à ces inserts inattendus et pertinents. Pas de doute, point de vue animation, c’est la classe mondiale. Quand des Gantois séduisent les Etats-Unis, ce n’est pas qu’une hyperbole. A deux heures, devinez quoi ? On arrête tout. Heureusement pour mon quota de sommeil notez bien. Le temps de les féliciter (en néerlandais, soyons sport), je prends congé et je retourne dans ma chambre que j’ai quitté plus de 18 heures auparavant. Je suis encore un peu fatigué tiens. Mais je ne vais pas devoir faire de prise de sang pour savoir pourquoi....

Hé bé, j’ai encore beaucoup parlé moi... Malgré ça, je propose un petit supplément de blabla musical : Si Soulwax ne m’a jamais paru un groupe passionnant, pratiquant le mélange rock-dance alors que la vague anglaise des Charlatans et autres Stones Roses avait disparu et avant que New-York ne nous livre The Rapture, !!! et autres LCD Soundsystem, ils assuraient sans brio particulier la transition. C’est alors que les frères Dewael ont eu deux bonnes idées. La première c’est de relancer la mode du mash-up, autorisant presque toutes les juxtapositions dans sur leur désormais célèbre compilation As Heard On Radio Soulwax vol.2 sous le nom de 2 Many DJ’s. La seconde est de complètement retravailler le laborieux album Any Minute Now à la sauce dance pour en faire les flamboyantes Nite Sessions. Si vous avez du temps devant vous, au boulot par exemple, je mets un lien vers deux critiques. Une ici par votre serviteur et une autre ici par Fred.

Les hasards du calendrier font qu’en l’espace de 7 jours vont se produire à Seattle LCD Soundsystem, !!!, Andrew Bird, Morrissey, Arctic Monkeys, Explosions In The Sky, Eluvium ou Tapes ‘n Tapes. Un pays de cocagne auditif je vous dis. Donc vous allez encore voir des photos sous-exposées dans un futur proche.

lundi, avril 23, 2007

En route vers Bainbridge Island

Encore un week-end. Et comme je n'ai pas fait de fête, j'ai photographié quoi? De l'eau, vous avez encore gagné, vous êtes un sacré lectorat, pas à dire...

N'ayant pas encore pris le ferry, il était temps de réparer ce manque en s'embarquant pour Bainbridge Island, petite île comme vous vous en doutez pas très loin de Seattle. Le voyage est plutôt court (une grosse demi-heure) et permet de voir la ville sous un angle nouveau. Et sur place? Il y a des moules, des crabes, des étoiles de mer mais comme je sais que je me fais chambrer pour mes images animales, je me suis abstenu de les publier. Il y a aussi plein de magasins de décoration qui proposent les plus moches articles de l'histoire de l'ameublement et du bibelot, quelques restaurants, de riches villas et une ambiance de vacances. Comme il y fait un peu plus froid, l'illusion n'est pas complète.

Et à part ça? Je récupère petit à petit, le compte à rebours des week-ends prend des allures alarmantes. Voilà, il reste encore plein d'endroits où aller, plein de fêtes et de concerts, plein de gens à rencontrer. C'est quand même pas tous les jours qu'on est aux Etats-Unis.

lundi, avril 16, 2007

Me revoilà

Comme je vous connais, vous avez encore dû penser que je vous avais oublié, que prolongation de séjour rimait avec manque de sujets. Mais noon. Pas de problème, me revoici donc. Un lundi parce que bon, j'ai pas eu l'occasion hier soir.


Le retour en Belgique s'est évidemment bien déroulé. Festif comme prévu. Plus festif que prévu d'ailleurs mais je serais bien mal inspiré de m'en plaindre. Encore merci à ceux qui m'ont hébergé (mes parents et ma soeur donc) et à ceux qui m'ont animé (la liste est longue et je veux pas froisser les gens par la faute de ma mémoire déficiente).

Le retour ici s'est déroulé comme la fois passée, c'est-à-dire en avion et en ayant oublié mes clés. Ce qui m'a donné l'occasion de voir deux de mes colocs. Un pour m'ouvrir la porte et un autre parce que je me suis enfermé dans le garage où j'avais astucieusement déposé un double. Je sais que c'est pas super intéressant mais si je ne gardais que le substantiel ce blog aurait la taille d'un SMS... Sinon, c'est étonnant cette sensation d'avoir deux chez-moi. Et de penser que Belgique est associée à vacances alors que Seattle c'est boulot. Mais pas que comme vous allez le voir.Car les week-ends, fort opportunément placés en fin de semaine (très pratique pour se souvenir de quand ça arrive) sont toujours utilisés à des fins utiles. Aller à des soirées par exemple. Vendredi, un malentendu nous a amenés Koen et moi au Chop Suey. En effet, la soirée qu'on nous avait annoncé était la veille. Mais bon, on est là on y reste. Et on a raison. C'est que les occasions d'assister à des soirées techno et house (deux salle) ne se sont pas multipliées. Et puis, à deux heures, alors que la boisson devient de l'eau. Pas le truc de Jésus à l'envers, juste qu'à cette heure-là, même si on ne nous jette pas on ne nous sert plus d'alcool. Mais ils continuent de mettre de l'eau à disposition. Ce qui est chouette quand on veut profiter de la musique techno un peu bourrine de façon physique. Ce qui n'est pas le cas de Koen qui se sert de son talent naturel de communicateur pour qu'on se retrouve chez un type qui a aménagé son salon en home-studio. Chouette vue et gars vraiment sympas. Ce sont eux sur les photos ci-dessous, granuleuses parce que je ne me suis toujours pas réconcilié avec mon flash.

Samedi, pas fâchée qu'on ait manqué deux jours avant la soirée qu'elle nous avait signalé, Annie nous invite à un souper. Au programme, bonne nourriture (merci Sharla qui cuisinait), bon vin, jeux de société qui nous rappellent que notre niveau d'anglais est encore perfectible et passage éclair dans un café de Fremont avant que l'Amérique ne ferme. Le reste est de l'histoire.Comme je ne me suis pas aventuré en ville ce week-end, vous allez exceptionnellement devoir vous contenter de photos de gens. Retour du ciel et de l'eau bientôt.

Il me reste dix week-ends ici. Pas que je compte les jours en pleurant la mère patrie, mais il faut que je les mette à profit pour bouger un peu (Vancouver, Portland, etc...). Encore des sujets en perspective. Je vais donc continuer à animer votre vie au bureau...

lundi, mars 26, 2007

La télé passe à la radio

Allez, un peu de courage, encore un concert. Mais du très haut niveau. Le week-end, je vous l’ai déjà dit, n’avait pas été trépidant. Mais ce n’est pas une obligation non plus. Vu de chez vous, je dois d’ailleurs passer pour un rat de concert, qui ne sort que pour changer de salle. Il n’en est rien bien heureusement.

Presque cinq mois et j’ai encore plein de choses à découvrir. Des endroits par exemple. Ce soir, le Moore Theater. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un théâtre. Comme son nom ne l’indique pas, il fête cette année ses 100 ans. Le bâtiment du moins. C’est donc avec surprise que je me retrouve dans un hall avec marbres, lustres, la totale. La salle est elle aussi impressionnante avec ses deux balcons. Comme j’ai acheté mes places bien en avance (une habitude), j’ai le droit d’aller dans la fosse.

Etant donné que je n'ai que peu d'idée de qui me lit ici, j'ai décidé de publier ce qui est plus musical sur le site http://www.mescritiques.be. Comme ça, je n'embêterai pas trop ceux qui ne connaissent pas les groupes dont je parle. L'article se trouve ici. Sachez pour faire court que cette salle présente une excellente acoustique et que Tv On The Radio est un des groupes les plus excitants du moment. Comme j'avais été un peu prolixe hier, je me rattrape avec plus d'images.

Un bon côté à ce concert est son heure de clôture raisonnable. Terminer à 23h un dimanche soir, c'est l'assurance de passer une nuit suffisante pour aborder la semaine.

dimanche, mars 25, 2007

Et maintenant un peu de blabla

(Un Blogger - le logiciel du blog - en petite forme m'a empêché d'uploader mon article. Donc si vous le lisez mardi matin, imaginez qu'on est lundi pour un effet maximum)

Comme j’ai remarqué que la fréquentation de ce blog connait un pic le lundi, je me suis dit qu’il serait irresponsable de vous laisser sur votre faim, vous obligeant ainsi à vous mettre au vrai boulot sans avoir la sempiternelle rengaine du dimanche soir (pour moi). Malheureusement, ou heureusement, c’est selon, le week-end n’a pas été trépidant. C’est que le shopping, c’est un peu ce qu’il y a de moins blogogénique (le beau néologisme que voilà). Et, contrairement à mon habitude, je n’ai pas pris de photo de building ou de l’eau ou des nuages. De plus, je ne suis sorti ni vendredi ni samedi, ce qui n’a plus dû m’arriver depuis longtemps. Enfin, le concert du week-end c’est pour ce soir (Tv On the Radio, chic chic). Mais allais-je vous laisser prendre le café du lundi matin sans tartine à lire ? C’est vraiment pas mon genre. La preuve, cette introduction pour dire que je n’avais rien à vous dire...

Ca fait à peu de choses près cinq mois que je suis ici. Ca commence à faire beaucoup. Non que je me lasse croyez-le bien mais ce n’est plus la petite mission touristique qu’on pourrait croire. Quand je reviendrai pour de vrai, j’aurai passé huit mois. Trois saisons. Un temps à la fois très court et très long. Mais je me réjouis de revenir, ne serait-ce qu’un temps. Mon dernier séjour m’avait fait du bien, même s’il avait été marqué par un certain stress dû à des éléments extérieurs presque réglés maintenant. Rien de grave, hein. Et, de plus, je n’ai pas eu le loisir de revoir autant de monde que je l’aurais désiré. J’espère pouvoir remédier à ça cette fois-ci. On reste au contact, hein, on devrait pouvoir s’arranger.


Est-ce que ma vision de l’Amérique et des Américains a changé ? Oui, certainement. D’autant que je suis dans ce que j’appellerais une troisième phase. La première consiste à tout voir avec un œil attentif, neuf et amusé. Etant donné que finalement j’ai peu voyagé, j’ai dû trouver mes marques ici. Notez que si j’étais venu ici en touriste (mais personne n’est vraiment touriste à Seattle), j’en serais resté là. Puis une phase de rejet relatif. C’est l’état d’esprit qui prévalait quand je suis revenu. Puis, un peu apaisé, je me suis dit qu’il était temps d’un peu profiter de mon passage ici. C’est à peu près où j’en suis. Il me restera 12 week-ends à passer. Ca peut aller très vite si on se met dans l’idée que je ne risque pas de revenir. Depuis un an, l’enchaînement des événements est presque exemplaire. Je suis donc venu aussi parce que je n’avais pas de raison valable de ne pas le faire. Il fallait que je me secoue de toute façon. A moi de faire fructifier ça.

Ai- je rencontré suffisamment d’Américains pour me faire une idée ? Non, pas du tout. Mais j’ai des éléments. Seattle est un peu à part. Si la tendance générale en Europe est de prendre la calamiteuse (le mot est faible) politique extérieure des Etats-Unis comme une raison suffisante pour se croire un peu plus subtils, sachez que des régions comme l’état de Washington développent le même genre de complexe de supériorité vis-à-vis du sud du pays (je n’ai pas sur mon portable la phrase exacte, mais c’était ce qu’on a entendu en fin de soirée : « Rednecks, you a rest of history. Dinosaurs. No freedom for you assholes »). Ce n’est certainement pas cette région qui a amené (et encore mois maintenu) Bush au pouvoir, mais je n’aimerais pas être à leur place, derrière un pouvoir qu’ils n’ont pas choisi et persuadés d’avoir raison. J’aurais toutes les raisons du monde de me sentir chez moi ici. C’est rempli de gens qui pensent comme moi, lisent comme moi, écoutent comme moi (sisi). Mais j’ai toujours répugné à cet esprit de communauté. C’est ce qui fait que je ne vivrai jamais dans un village par exemple. Mais pour des tonnes de raisons, je me plairais mieux ici que, disons dans 90% des villes belges. Pourtant je ne resterai pas ici. C’est mon choix, c’est ma décision. Reste à trouver au pays une vie qui corresponde à mes aspirations. J’ai bon espoir, hein.

Encore une fois, je ne savais pas ce que j’allais écrire au moment de commencer cet article. Comme trop souvent, j’ai encore trop parlé. Le plus déroutant avec un blog, c’est qu’on ne sait pas vraiment à qui on s’adresse. Si j’en crois les statistiques, on me lit. Il y a une règle (je n’ai pas la référence sous la main, je l’incorpore dès que possible) de l’internet qui veut que 1% des utilisateurs produit du contenu sur Internet. C’est évidemment mon cas. 10% interagit. Le reste, non. Ce qui veut dire que pour un commentateur (ou commentatrice, hein) j’ai dix lecteurs. C’est sans doute exact dans la tendance. Sinon, comme vous vous en doutez un peu, j’aime beaucoup écrire ce blog.

Voilà voilà, je joins quelques images de soirée. Une personne moins effrayante dans la vraie vie et une poule qui était à table la semaine passée chez Stijn. Il est bizarre ce garçon, à vouloir quitter un endroit convivial ou les poules sont à l’intérieur de la maison. Hihi.

Allez, à bientôt en vrai. Ah oui, j’ai bien peur que vous n’échappiez pas à la narration du concert de ce soir...

(voilà c'est fini. Maintenant, réalisez que vous êtes déjà mardi! Le café a déjà un meilleur gout, non?)

vendredi, mars 23, 2007

Merci pour la tarte Simone

Encore un concert allez-vous dire. Et vous n’aurez pas nécessairement tort. Mais je me dis que je serais bête de ne pas en profiter. Je vais quand même revenir un jour et je vous défie de trouver des trucs plus intéressants à faire.

Fini le temps où tous les concerts se déroulaient chaque fois dans un endroit différent. Retour donc au Chop Suey, situé comme la plupart des endroits intéressants à Capitol Hill. C’est un sommet de la vie nocturne, surtout au sens propre (il doit pas y en avoir de plus haut). Comme à mon habitude, j’arrive assez tôt. Surtout que j’avais dans un premier temps acheté le ticket pour la première partie. Mais même comme ça, je rate le tout début d’Au Revoir Simone. Les trois New-Yorkaises sont charmantes et leurs chansons sont exactement aussi pop, aussi mélancoliques que sur l’album The Bird Of Music paru récemment. Question tenue, c’est un peu Toi aussi collectionne la Barbie Kraftwerk. Les meilleurs moments sur disque sont aussi ceux qui fonctionnent le mieux devant des gens. A Violent Yet Violent World ou Lark sont les plus réussies. Après une demi-heure de set, le concert est fini et la soirée est lancée. On retiendra les paroles :

Depressing things Are Empty Beds And Lonely Dinners
Middle-aged Women With Naked Fingers

Peu de temps après, Frida Hyvonen est une suédoise toute seule au piano électrique. C’est rare de rester aussi attentif tout au long d’un concert d’une artiste dont on n’a strictement jamais entendu parler. C’est que tout est très réussi, rigolo et touchant. Un peu comme le Jeanne Cherhal première mouture sans les envolées cabaret. Il n’est pas courant de se remémorer des chansons après une écoute pourtant elle parvient à me faire sentir ça. Bonne surprise venue de nulle part.

Comme je ne voulais pas venir sans au moins connaître la tête d’affiche, je me suis procuré le seul album de Under Byen. La première écoute a été plutôt aride, mais les suivantes m’ont mis en appétit. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ont fait mieux que répondre à l’attente. Enregistrer de bons morceaux est une chose, les rendre encore plus intéressants en live en est une autre. Sept musiciens, deux batteries, deux violons, ce n’est pas si exceptionnel mais on sait que tout sera mis en œuvre pour une efficacité maximale. C’est subtil et puissant, les contrastes sont mieux rendus, les moments paroxystiques sont impeccables. Et puis aussi il y a une chanteuse, qui chante comme Björk (certains morceaux y ressemblent vraiment) dans ses moments apaisés. Elle se réfugie au milieu de la scène et derrière ses cheveux alors qu’elle a un physique... disons... danois, ce qui est mieux que bien. C’est elle qui apporte le supplément d’âme qui fait parfois défaut aux abstraites compositions du post-rock. La tension qui est apportée par les deux violons pourra rappeler certains moments des Cranes. Une chanson comme Den her sang handler om at få det bedste ud af det (ah oui, ils chantent en danois, et la voix est assez floue pour qu’ils puissent nous fourguer l’annuaire de Copenhague) est un must .

Un concert change l’image qu’on a d’un groupe. Je n’ai plus jamais écouté Architecture In Helsinki depuis leur mauvaise prestation des nuits Bota. J’ai réécouté Samme Stof Som Stof depuis le concert et tout a pris un sens nouveau. Alors que j’allais de façon routinière voir en vrai ce dont j’avais parlé, je me suis retrouvé face à une artiste solo originale et un groupe qui m’a donné une des meilleures performances que j’aie pu voir ici.

Je me rends compte que cet article est un tantinet élitiste. Il aurait peut-être plus sa place ailleurs, sur l’autre blog ou sur le site. Je vais peut-être d’ailleurs le dupliquer. Allez, plus qu’un seul concert et on ira voir The Arcade Fire tous ensemble...

Pour prolonger l’immense plaisir de la lecture :
Une critique de Au revoir Simone
Le Myspace d’Au Revoir Simone
Le Myspace de Under Byen. Certains des morceaux les plus marquants s’y trouvent.

mercredi, mars 21, 2007

Heureux qui comme Ulysse (poeme connu)

Pour ceux qui ont quitté l'enseignement secondaire depuis trop longtemps ou ont un trou dans leurs classiques, je renvoie au poeme complet ici.

Mais mon but, pour une fois, n'est pas d'étaler une hypothétique culture. Non, je voulais juste profiter de cette tribune très populaire pour dire que je reviens en Belgique le 30 mars. La dernière partie de mon séjour sera du 10 avril au 28 juin. Voilà voilà, notez ça dans vos agendas et prévenez vos verres à bière.

A bientôt?

dimanche, mars 18, 2007

Devinez qui est là?

Non, ce n'est pas Zorro qui est arrivé, mais le printemps. Comme il faisait donc plutôt beau, j'ai trouvé le courage surhumain de me traîner dehors. Direction Discovery Park. C'est beaucoup plus grand et plus beau que je l'avais d'abord pensé. Vous allez me dire qu je vous ai déjà fait le coup des photos de cet endroit. Je vois au vous m'êtes fidèles, c'est un vrai plaisir...

Chouette panier

Pas de concert prévu ce week-end et pour une fois pas envie de faire la même photo que les autres fois. C’est la Saint-Patrick et la météo rend hommage à celle de l’île verte : pluvieuse. Ca ne décourage visiblement pas des légions entières de gens habillés en vert et déjà bien entamés dans l’après-midi.

Il faut quand même se déplacer avec son appareil photo quand on va en ville. Sinon on risque de rater de grands moments de civilisations comme ces retransmissions de matches de basket à même les toilettes. C’était chez Macy’s, un genre d’Inno local.

Cette personne en manque ou en trop plein de marques d’affections propose des hugs (accolade ?) gratuits aux passants de ce qui ressemble presque à une place.

C’était la séquence « je suis à deux doigts de vous refourguer les inédits de ma liste de sujets ».

Pose ton verre sur Lady Pacman

C’est bizarre comme sensation d’être content d’entendre un groupe pas terrible. Un qui pratique un style sentimentalo-téléphoné, dont le batteur est incapable de faire plus que tchac-pouf, dont le guitariste joue plus mal que moi, dont la seule montée est ratée. Je trouve ça rafraîchissant. Presque autant que l’invention qui allie régression et boisson, j’ai nommé la table-pacman.



mercredi, mars 14, 2007

On est nulle part et c’est maintenant (air connu)

Comme un album de Bright Eyes sort le mois prochain, j’aurai l’occasion d’en reparler plus longuement pour ceux et celles que ça intéresse. Mais je vais quand même vous parler du concert de dimanche soir. Le jour, l’endroit (Le Showbox), le public aussi, tout était fort proche des conditions de mon premier concert ici. C’était il y a quatre mois et j’en ai vu depuis, des chanteurs, guitaristes, bassistes, batteurs ou même claviéristes et violonistes. Pas d’accordéonistes, non, mais des trompettistes. J’arrête là la liste (non c’est pas un instrument).

Bright Eyes, c’est un groupe qui marche plutôt fort aux Etats-Unis, du moins si on en croit la vitesse à laquelle toutes les places se sont vendues. J’avais bien aimé ses trois dernières sorties, pas de raison d’hésiter. Surtout qu’au moment où je me suis procuré les tickets, je ne savais pas que Bloc Party passait le même soir, avec Final Fantasy qui plus est. Mais je n’ai pas pour habitude de bouder mon plaisir. Alors je vais dans la foule, la vraie, pas celle des vieux comme moi qui ont accès au bar mais sont loin. A moi donc les gens qui ont la moitié de mon âge et font des photos avec le flash. Ce qui est non seulement interdit mais aussi à cause de leur taille, leur fait une image toute sombre à part le bonnet de la personne devant en surexposition. Je dois bien avouer que ça m’amuse beaucoup, comme quand ils mettent deux secondes de temps d’exposition et s’étonnent de voir le guitariste tout flou...

Il y a l’inévitable première partie, molle comme on pouvait s’y attendre. A Weather est signé par Saddle Creek (comme la tête d’affiche) et fait dans le folk lent et intense. J’ai pas des masses vibré notez bien mais la fatigue n’aide pas.

Bright Eyes arrive ensuite. C’est la folie autour de moi, les flashes crépitent (voir plus haut). Conor Oberst (comme dans l’Echiquier Du Mal, oui oui) est visiblement fort connu et apprécié. Il faut dire qu’il est de la trempe des tout bons songwriters du moment. C’est vrai que l’alchimie entre cette musique relevée, à la limite de l’americana mais avec une ferveur de rock et la finesse de l’écriture est bien sentie. Je ne connais bien que leurs deux derniers albums studios et du live qui les a suivis et un nouvel opus est en gestation, donc je ne suis pas familier avec tout ce qu’ils jouent. Mais ils le jouent fort bien. Je regretterai juste que certaines perles comme The First Day Of My Life, Road To Joy ou When The President Talks To God (une des plus virulentes chansons anti-Bush qui soient) manquent à l’appel. Mais ça reste une des plus agréables façons de passer une soirée.

Plus de concert avant mercredi prochain. Attendez-vous à un week-end de photos du bord de l’eau et des buildings donc...

A ce propos (rien voir donc), mon article sur El Perro Del Mar a été repris (et en partie traduit) dans un blog qui parle de Capitol Hill. Ca fait plaisir. L’article en question est ici (ça veut dire que vous cliquez sur la phrase, hein...).

Vous n’en avez pas enore assez ? Une critique de Bright Eyes alors

dimanche, mars 11, 2007

Mes voisins sont des artistes

Tout le monde n'a pas la chance d'avoir des voisins artistes. C'est mon cas alors je suis super content. C'est un plaisir de voir que le processus de démythification de l'art de Marcel Duchamp a un écho lointain. En plus joli et plus printanier toutefois.



samedi, mars 10, 2007

Happy birthday John

John Edwards est animateur sur KEXP, une radio locale assez exceptionnelle dont il assure l’émission du matin, la fort opportunément nommée John In The Morning. Son goût est absolument inattaquable et je l’écoute tous les jours, pour commencer la journée avec des titres de très haut vol. Je n’en connais pas d’équivalent. Donc, quand une personne comme ça, référence incontournable de la musique indépendante fête son anniversaire au Neumo’s, on peut s’attendre à un bon moment. Retransmis en direct qui plus est.

Le premier groupe est The Shackeltons (ci-dessus). Depuis que je suis ici, j’ai tellement trié mes concerts que je n’ai presque pas vu de rock à la guitare. Le rattrapage est de très haut niveau pour deux raisons : les morceaux, un post-punk musclé et vraiment bon passe tout seul et nous met tous directement dans l’ambiance. Et puis le chanteur vaut vraiment le déplacement, avec ses chutes spectaculaires et son air possédé. Un peu comme du Maxïmo Park sous influence si vous voyez. S’ils passent dans un festival de par chez nous, allez voir ça.

Le plus embêtant quand on va voir des concerts tout seul, c’est entre les groupes. Mais ça passe vite. Le public est d’ailleurs plus varié (et mixte) qu’aux shows que j’ai l’habitude de voir. On se replonge donc dans les Blakes (ci-dessus). Encore une fois, j’ai plus l’habitude du rock qui tache et des cheveux gras. Le power-trio fait dans le rock basique et efficace, de la trempe de The Others par exemple. Et leur meilleur morceau, The Streets, joué en fin de set, est très proche de ce que font The Subways.

El Perro Del Mar revient donc. C’est un peu pour ce concert que j’étais venu en fait. Contrairement à son set de début de soirée, elle arrive avec trois musiciens, un bassiste, un claviériste et un clavier, histoire de mieux reproduire son mur du son Philspectorien miniature. Malheureusement, le public n’est pas exactement en phase. C’est que l’éclectisme de l’hôte du soir est plus important que celui du public, qui commence à être très imbibé. Mais toute la subtilité et les paroles un rien désabusées (All The Feeling you got for me/Are like for a dog) m’isolent et je peux passer le bon moment que j’étais venu chercher. C’est amusant d’entendre deux fois certaines chansons la même soirée avec des traitements différents. Mais les deux formules fonctionnent.Dernière preuve de la versatilité de John, le dernier groupe fait dans le hip-hop. Le public est chauffé, la fête commence. Un guitariste bien rentre-dedans rend The Saturday Nights particulièrement efficaces. Mais il part après trois morceaux, laissant le reste plus convenu. Le soufflé retombe quelque peu et je décide d’abréger ce qui est quand même mon cinquième concert.

Je décide donc de rejoindre Koen et Stijn à une soirée. Qui promettait de la musique de partout dans le monde. On se coltine donc le même style de dance-groove mais dans des langues différentes. Le côté réjouissant, c’est l’aspect mélangé du public. Ce qui n’est pas exceptionnel à Bruxelles (encore que ce soit très variable) est moins habituel ici. Encore que ce soit sans doute dû aux endroits que je fréquente. Evidemment, l’heure de fermeture n’est toujours pas négociable. On va donc prendre un denier morceau dans un des endroits ouverts 24h/24. Tout est potentiellement ouvert toute la nuit, pourvu qu’il n’y ait pas d’alcool. Soyons positifs, la gueule de bois est presque impossible..